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un photographe qui a du chien,

Depuis des années, il cherche la photo. Dans le domaine du carnaval comme dans d’autres champs d’application. Papydo, Jean-Jacques Lemaire pour l’état civil, est un photographe de la bande. Mais toujours en civil. Qui sait pourquoi on l’appelle Papydo ? Jean-Jacques Lemaire, de son vrai nom, est une figure dans la flopée des photographes de carnaval. Son surnom, il le doit à son statut de Papy (logique) et le sufixe « do » fait référence au doberman, une race qu’il affectionne particulièrement. Papydo est en effet un photographe qui a du chien. Esthète de l’image, il exploite son talent lors du carnaval, notamment. Toujours en civil. « J’ai essayé de faire carnaval, mais je n’ai jamais trouvé ma place ! » Dans la bande, peut-être pas, mais devant la bande, c’est sûr ! « Finalement, c’est comme pour accéder en première ligne, on fait un peu nos classes. »

Pour gagner sa place dans l’essaim des objectifs et le respect de ceux qui sont des modèles. Sans concurrence avec les autres photographes. « Chacun a son style. Et puis, on ne peut pas tout faire et tout voir. » « Une belle école de photographie » À tel point qu’on a l’impression que Papydo, retraité d’EDF, fait partie du paysage. « En fait, je fais des photos de carnaval depuis une grosse dizaine d’années. J’ai commencé avec Jean - Lu c Bartholomeüs… Je connais aussi Jacques, un Cappellois de70 ansqui travaille encore en argentique. » Mais le carnaval, c’est seulement un pour cent de son travail ! Sport, événement culturel, portrait… Tout l’inspire.  «Mais le carnaval, c’est une belle école de photographie. Contrairement à ce qu’on pense, c’est très dur à photographier.Tout se ressemble, il y a beaucoup de couleurs, ça bouge. Le carnaval, ce n’est pas que  des photos de maquillage. »

Le truc de Papydo, c’est de partir quelques heures, sans sujet précis. Capter ceux qui passent, ce qui se passe, sans obsession aucune. « Ça m’arrive d’y aller, de rester 15 minutes et de repartir si ça ne m’inspire pas. Je ne suis pas du genre à faire 300, 400 photos de bande… », explique- t-il. De la bande de Bray-Dunes, il est revenu avec 80 clichés. Qui lui ont demandé un temps de travail au retour. Car il doit tous les convertir. Papydo travaille en effet en raw, un format de fichier assimilé à un négatif numérique. Patience patience La patience est la qualité première citée par Papydo pour faire un beau cliché de carnaval. « On va chercher quelque chose, un beau cadrage, une jolie attitude. Comme j’aime le dire, une seule photo c’est trois choses : la personne qu’on voit à l’oeil, celle qui est dans le viseur et celle qu’on obtient au final. » Si cette dernière ne procure pas d’émotion à Papydo,si elle n’a pas ce petit supplément d’âme, pas sûr qu’elle soit publiée sur son site.« Il faut avoir un regard critique sur son travail, sinon, jamais on ne progresse. »

Papydo part en campagne

Papydo aime sublimer les gens ordinaires. Sans avoir peur d’aller vers eux. « La photographie, C’est un peu rentrer dans la vie des gens. C’est rencontrer des personnes. » Se faire des amis et des jolis souvenirs. « Une année, j’ai offert un ensemble de photos à Ludovic Deconinck (Cô- Gnac II, ndlr) pour son anniversaire. Quelques jours plus tard, c’était le mien.Le jour de la bande, il m’a demandé de ne plus bouger. Je me demandais quoi : des musiciens ont commencé à m’entourer et à jouer “Joyeux anniversaire.” »

Cette année encore, Papydo repart en campagne carnavalesque. Au sens propre. « Je vais essayer plus d’aller en campagne. C’est plus calme, plus reposant », s’amuse-t-il. Les bandes ressemblent plus aux avant-bandes : ce qu’il préfère dans le carnaval. « L’après-midi, maintenant, ce sont des grosses vagues, tandis que le matin c’est plus authentique. » Depuis plus de 10 ans, son oeil n’est pas blasé. « Si je liste tout ce que je fais dans l’année, on peut avoir l’impression que les événements se ressemblent, mais il y a toujours différentes choses à voir. » Et ses fans ne se lassent pas non plus. 6,5 millions de pages vues sur son site. La plus belle des récompenses.

Suzanne URGACZ

http://papydophotos.canalblog. com/ « Contrairement à ce qu’on pense, le carnaval, c’est très difficile à photographier ! » LES TROIS JOYEUSES Jean-Jacques Lemaire, Papydo, photographie la bande depuis une dizaine d’années. (© Papydo) LEPORTRAIT

portrait réalisé par le journal le phare  http://www.lepharedunkerquois.fr/actualite/a_la_une/LePhareDunkerquois/index.shtml